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Juillac

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Un peu d’histoire

Le Blason

Le blason de Juillac est directement lié à l’histoire de la commune et aux familles seigneuriales qui ont marqué son passé.

L’idée de créer un blason pour Juillac est née lors d’une causerie organisée le 24 octobre 1942, à la Salle des Compagnons.

Maître François Gouyon évoqua alors cette idée, qui fut ensuite reprise par son fils, Maître Jean Gouyon. Avec l’aide de Jean Lajugie, les armoiries définitives furent dessinées.

Il faudra cependant attendre plusieurs décennies pour que ce blason devienne officiellement celui de la commune. Par une délibération du 16 octobre 1987, la municipalité de Juillac entérine ces armoiries comme blason communal.

Un blason qui raconte l’histoire de Juillac

Le blason est divisé en deux parties.

À gauche, sur fond rouge, apparaît un pal de vair (bande verticale située au milieu d’un blason),  composé de motifs bleus et blancs. Il reprend les armes des Pérusse des Cars, une importante famille seigneuriale du Limousin qui posséda la seigneurie de Juillac pendant plusieurs siècles.

À droite, sur fond or, figurent trois forces noires. Ces grands ciseaux utilisés autrefois pour tondre les moutons représentent les armes de la famille de Hautefort, qui acquit la seigneurie de Juillac en 1643.

Ainsi, les deux parties du blason rappellent les deux grandes familles qui ont marqué l’histoire seigneuriale de Juillac : les Pérusse des Cars et les Hautefort.

Aujourd’hui encore, le blason de Juillac constitue un véritable témoignage de l’histoire locale. En quelques couleurs et quelques symboles, il rappelle l’importance des familles qui ont façonné le territoire.

Sources : Bulletin municipal de Juillac n°41 – juin 2014, consacré notamment à l’histoire du blason. Armorial des villes et villages de France, notice consacrée à Juillac.

Le Château Neuf de Beaufort

Du château de Beaufort il n’est pas question avant le XVI° siècle. On peut en attribuer la construction au seigneur des Cars, Geoffroi de Pérusse, autour de 1500. Désireux de disposer d’une résidence dans le vignoble bas-limousin, il installe son château neuf sur la colline la plus proche du bourg.

Les bâtiments étaient organisés autour d’une grande cour rectangulaire cantonnée de tours circulaires à canonnières. Le logis, composé d’une « grosse tour » d’angle accueillant la chambre seigneuriale et desservi par le grand pavillon de l’escalier, comprenait la cuisine et des pièces annexes toutes voûtées en rez-de-chaussée, une grande salle à l’étage et des chambres sur plusieurs niveaux.

Le clou de cet ensemble était constitué par le « grand degré », un escalier à rampes droites rompant avec la tradition des escaliers en vis : voûté et orné dans le style gothique flamboyant, préfigurant l’art de la Renaissance, il desservait les deux étages et les greniers ; au-dessus de la voûte sommitale se trouvait une chambre haute, appelée le Corps de garde et accessible par une petite vis annexe : c’est là qu’au XVII° siècle se trouvaient les arquebuses. Blasons et phylactères munis de maximes en décoraient la façade.

L’aile sud-ouest, composée d’une cave voûtée, d’un cellier et de greniers, était agrémentée d’une galerie sur portique de colonnes torses. Un portail et une courtine munie de mâchicoulis et de parapets crénelés fermaient la cour à l’est. En revanche, la partie nord-est du logis, de l’autre côté du pavillon de l’escalier, n’a peut-être jamais été achevée.

Le comte Jacques des Cars, appréciant beaucoup Juillac, fait ajouter une chapelle au bout de la galerie. Mais sa mort, en 1612, provoque de vives tensions entre ses héritiers et le château perd sa galerie sur portique, les tourelles d’angle et le portail d’entrée. Au cours des XVII°-XVIII° siècles, il n’est habité que par les officiers des seigneurs et les intempéries le malmènent.

La toiture de la grosse tour d’angle est arrachée par une tempête, les chemins de ronde deviennent impraticables ; le pigeonnier de la garenne s’effondre, tout comme la voûte et la chambre sommitale du pavillon de l’escalier ; en 1737, le grand escalier n’est plus praticable.

Le nouveau bâtiment édifié au nord-ouest par les marquis d’Hautefort, avec des greniers à lucarnes sur rez-de-chaussée et des écuries, est éventré en 1731 par l’effondrement du pavillon (il est transformé en gendarmerie à la fin du XIX° siècle, puis en HLM au XX° siècle).

De l’ancien château de Geoffroi de Pérusse, il ne reste que peu de vestiges mais leur qualité leur a valu d’être protégés par les Monuments Historiques en 1927, et de multiples blocs sculptés traînent encore dans le bourg.

(Texte : C. R.)

Source : Villes et pays d’art et d’histoire, parcours Juillac.

La seigneurie de Juillac

Juillac, avec son église Saint-Germain fêtant saint Jean-Baptiste, est assurément une paroisse ancienne, d’origine mérovingienne voire antique.

Une pièce du VIIᵉ siècle mentionnant la villa Ju liaco, l’existence d’une Ju licensis vicaria et d’une curtis au IXᵉ siècle suggèrent que Juillac a longtemps eu un rôle de relais de l’administration royale en Limousin.

Si l’abbaye de Solignac réclame, à la fin du XIᵉ siècle, la possession de la paroisse dans son patrimoine, c’est le chapitre Saint-Étienne de la cathédrale de Limoges qui semble en avoir eu le droit de patronage : au XIIIᵉ siècle, les chanoines de Limoges y exercent des droits.

En 1302, l’évêque leur confirme la possession de l’église et, au début du XVIIᵉ siècle encore, ils prennent la part des dîmes. Le chapitre de Saint-Yrieix semble aussi y avoir été implanté, tout comme quelques autres établissements religieux, manifestement attirés par la qualité du vignoble.

Une modeste famille de chevaliers dite « de Juillac » est attestée localement au XIIᵉ siècle, mais les véritables maîtres des droits seigneuriaux sur la paroisse sont les vicomtes de Limoges.

Au début du XIVᵉ siècle, ils entretiennent à Juillac un officier chargé de sceller les actes notariés des environs.

Ce préposé est alors peut-être installé dans la maison proche de l’église appelée la Salle et dont le nom même suggère une ancienne fonction administrative.

Mais en 1357-1359, les vicomtes démembrent la terre de Juillac de leur châtellenie d’Ayen en faveur de Ramnulphe de Pérusse, fidèle chevalier originaire de Ségur. Celui-ci, déjà seigneur des Cars, peut dès lors aussi se titrer de Juillac.

En 1643, ses descendants revendent la seigneurie aux marquis d’Hautefort, qui la conservent jusqu’à la Révolution, y nommant des officiers locaux (juge, receveur, procureur) pour en percevoir les revenus. Juillac est typiquement une seigneurie viticole car, hormis la garenne développée au nord-ouest, un grand pré et quelques métairies, le domaine était surtout composé de vignes confiées à des exploitants.

Le bourg de Juillac comprenait quelques vieilles demeures, tenues par les familles notables du lieu (les Sahuguet, les Joyet, les Rigaud), parmi lesquelles le manoir de La Salle, appelé « château vieux » au XVIIᵉ siècle, ou le beau logis à échauguettes appelé improprement « cour des miracles ».

La vie commerciale s’effectuait sous la halle, plusieurs fois rebâtie, et les indigents étaient pris en charge dans la maladrerie du bourg.

(Texte : C. R.)

Source : Villes et pays d’art et d’histoire, parcours Juillac.


Jeanne Villepreux Power

Elle est née le 25 septembre 1794 à Juillac. La maison de famille se trouvait à l’époque place de l’église. Elle est détruite en 1844.

Bergère dans son enfance, Jeanne Villepreux quitte Juillac à l’âge de 18 ans, pour Orléans, puis Paris où elle ravaille comme brodeuse. En 1816, elle participe à la confection de la robe de mariage de la duchesse Marie-Caroline de Bourbon-Sicile avec le fils de Charles X. A cette occasion elle rencontre un négociant irlandais viviant en Sicile, James Power, qu’elle épouse en 1818 à Messine.

C’est en Sicile que Jeanne Villepreux Power développe son goût pour les sciences. Elle explore l’ile et en tire un inventaire précis de la faune et de la flore locales, publié sous la forme de guide en 1842.

Pour pouvoir observer les animaux marins vivants, Jeanne Villepreux Power imagine une cuve en verre remplie d’eau de mer dans laquelle elle dépose les mollusques. En 1831, elle invente les « cages à la Power », des cages en bois immergées dans la mer, pour conserver toutes les caractéristiques du milieu naturel : salinité de l’eau, marées, ensoleillement. Ces cages sont la première forme moderne d’aquarium.

Ceci lui permet d’étudier les habitudes de nombreuses espèces marines. Ces observations concernent notamment un mollusque nommé l’argonaute. Jeanne Villepreux Power met fin à une controverse scientifique en montrant que l’argonaute a la capacité de générer et de r »parer sa coquille et qu’il n’utilise pas les coquilles d’autres espèces, comme le fait par exemple le bernard-l’hermite.

Devenue correspondante de la « Zoological Society of London », Jeanne Villepreux-Power vit entre Naples et Londres, avant de s’installer à Paris en 1847. Elle meurt en 1871 à Juillac, où elle s’est réfugiée pendant la guerre franco-allemande. L’école de Juillac porte aujourd’hui son nom.

Pour en savoir plus sur Jeanne Villepreux Power, visiter  le site de l’association et sa fiche wikipedia

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L’Eglise Saint-Germain

La première mention de l’église de Juillac date de 855. En 1100, elle est déjà placée sous le patronage de Saint-Germain-d’Auxerre. Elle dépend de l’abbaye de Solignac (Haute-Vienne), et ses prêtres sont nommés par l’évêque de Limoges.
À l’origine, l’église a probablement un plan en croix latine, avec une nef unique et une chapelle latérale de part et d’autre. Le chevet polygonal, à cinq pans, présente vraisemblablement la même forme qu’aujourd’hui. La suppression de la chapelle sud et le prolongement de la chapelle nord confèrent son plan actuel à l’édifice : il semble avoir deux nefs. Quant au clocher en bâtière, il date de 1904.
Un mobilier remarquable
L’église abrite plusieurs objets mobiliers d’intérêt, protégés au titre des Monuments Historiques.
Un tableau du XVIIe siècle et classé Monument Historique en 1975, représente saint Hommebon. Cette huile sur toile est attribuée au peintre génois Luigi Miradori, très actif à Crémone. Le saint, patron des tailleurs et protecteur de Crémone, y est figuré à gauche. Une paire de ciseaux à ses pieds, il est en train d’offrir son vêtement à deux pauvres.
Parmi ces tableaux, on retrouve également une Adoration des bergers, datée de 1831-1841 et protégée en 1976. Commandée par l’État pour l’église, il s’agit de la copie d’un tableau du XVIIe siècle, probablement sévillan ou d’inspiration sévillane et exposé à la National Gallery de Londres. Quatre bergers, porteurs de présents, y sont représentés entourant la Vierge à l’Enfant.

Parmi les objets mobiliers protégés, on compte également une armoire du XVIIe siècle et une statuette de Vierge à l’Enfant. Cette dernière date du XIXe siècle et est en porcelaine peinte et dorée. À l’époque, les manufactures limougeaudes sont en plein essor : cette statuette en est issue, comme c’est le cas dans de nombreuses autres églises bas-limousines.
Un exemple rare de décors renaissance
L’église Saint-Germain de Juillac présente de remarquables éléments sculptés dans la chapelle, derrière l’autel secondaire. Cet ensemble calcaire est parfois désigné comme le « retable » de Juillac. Il s’agit de l’assemblage d’un encadrement et d’une niche, remployés et incorporés à la maçonnerie au XIXe siècle. Leur style avec des motifs à l’antique (pilastres, coquilles, candélabres…) permet de les dater de la première Renaissance.
L’encadrement est probablement celui d’une porte ou d’une petite cheminée. Les dimensions de la niche et la présence d’un ciboire sur la frise laissent supposer qu’elle avait une fonction sacrée. Il peut s’agir d’un élément de dévotion privée, situé par exemple dans un oratoire ou une chapelle.
Plusieurs caractéristiques rattachent cet ensemble à la famille des Pérusse des Cars. Leurs armoiries sont visibles entre les mains de l’ange qui surplombe le fronton. On y lit également « Lors aray ioye » (« Alors, j’aurais joie »). Il s’agit de la devise de Geoffroi de Pérusse, fervent catholique et mécène. Ceci permet de dater cet ensemble d’avant 1534, date de sa mort. Cela permet de supposer que ces éléments sculptés proviennent du château de Beaufort, possession de la famille Pérusse des Cars.

Texte : A. C.
Source : Villes et pays d’art et d’histoire, parcours Juillac.


La Mairie


Au milieu du XIXᵉ siècle, la municipalité de Julliac évoque le projet d’installer une école sur le territoire de la commune et de regrouper avec la mairie, comme cela est courant à l’époque.

Dans un premier temps, on envisage d’acquérir une maison existante pour pouvoir la transformer et y ouvrir ces services.

En 1861, le conseil municipal abandonne l’idée et décide de faire construire un bâtiment dédié. L’emplacement choisi est celui d’un ancien cimetière et du marché des cochons.

L’édifice est de facture classique, construit suivant la symétrie caractéristique des bâtiments d’État du XIXᵉ siècle. Il présente peu de décors.

De plan rectangulaire, la mairie présente une façade divisée en cinq travées verticales et deux étages. La travée centrale est soulignée par la porte principale, encadrée de simples pilastres, et par une fenêtre plus haute que les autres.

Au-dessus, une lucarne au fronton triangulaire est entourée de deux lucarnons ovoïdes. L’ensemble est couvert par une toiture d’ardoise à quatre pans.

À l’angle nord-ouest, on a la présence d’un puits couvert. L’encadrement est travaillé en arc surbaissé en briques, avec une fleur au sommet de l’arc. Ce même motif se retrouve sur la porte de l’école, sur la rue du Canal.

La mention « école communale » sur cette entrée et la clôture au second étage de la façade ouest rappellent la double fonction d’origine de ce bâtiment. La mairie y est toujours installée mais l’école a déménagé dans les locaux plus récents, le long de la Grande rue.

Texte : A. C.
Source : Villes et pays d’art et d’histoire, parcours Juillac.

Le Manoir des Miracles

Ce beau logis a été construit au début du XVIe siècle, sur les fondations d’un bâtiment plus ancien, possiblement daté du XIVe siècle. L’identité de son commanditaire ou du propriétaire d’origine est inconnue.

L’ensemble est ensuite remanié au XVIIIe siècle, en particulier la façade sur cour. Après une restauration dans la seconde moitié du XXe siècle, les façades et les toitures sont inscrites au titre des Monuments Historiques en 1976.

L’édifice est construit en matériaux locaux. La maçonnerie est en moellons, les éléments sculptés (appuis, jambages, linteaux) sont en grès ou en calcaire. Enfin, la couverture est en ardoise locale.

De plan rectangulaire, le manoir est flanqué de trois tourelles circulaires, en échauguette, sur culot à ressaut. Seule l’échauguette du sud-est est d’origine, les autres ayant été reconstruites dans le même style.

Cette même tourelle présente des bouches à feu, petites ouvertures de tir circulaires. L’ensemble est surmonté d’une toiture à quatre pans par forte pente pour le corps de logis et d’une couverture en poivrière pour les échauguettes.

L’aspect de la façade sur rue a peu évolué, surtout en ce qui concerne le deuxième niveau, c’est-à-dire l’étage noble. Les meneaux et les traverses des fenêtres à croisées sont des restaurations récentes.

La façade sur cour et la façade nord, en revanche, sont restructurées au XVIIIe siècle. La date 1742 figure sur l’encadrement de la porte nord.

Texte : A. C.
Source : Villes et pays d’art et d’histoire, parcours Juillac.

La halle

Le bâtiment actuel est installé sur la Grande rue, construit à l’emplacement d’une première halle de plan très simple, détruite par un incendie en 1864. La reconstruction intervient en 1877 et est permise en partie par une souscription publique. L’architecte choisi par la commune, M. Rigemont (ou Rougemont, suivant les documents) est remplacé pendant les travaux par M. Bonet. Dans ce nouveau bâtiment, la halle reste située au rez-de-chaussée et l’étage accueille un prétoire de justice de paix, jusque-là situé à l’école communale.

L’édifice est de plan rectangulaire. La façade principale, à quatre travées verticales, est organisée de manière symétrique, à la fois dans l’agencement des ouvertures et dans l’organisation du toit. À l’origine, l’encadrement des baies et le fronton, traités en pierre de taille, étaient particulièrement soignés. Ils ont été modifiés lors de réaménagements postérieurs.

Le rez-de-chaussée était directement ouvert sur la place publique par des baies en arc cintré. Celles-ci sont bouchées lorsque la poste s’installe dans le bâtiment. Ce changement de destination s’accompagne aussi de la création d’un abri pour le télégraphe.

Un cordon délimite les deux niveaux. Les extrémités imitent des pavillons, surmontés d’un fronton triangulaire : cela donne l’impression d’un bâtiment en trois espaces. Une horloge couronne l’axe central sur la façade nord. La toiture reprend la répartition en trois volumes, avec une toiture centrale à deux pans, encadrée par deux plus petites à quatre pans.

Texte : A. C.
Source : Villes et pays d’art et d’histoire, parcours Juillac.

Agriculture et marché

Au XIXᵉ siècle, l’activité de la commune est essentiellement agricole. La production viticole s’effondre après la crise du phylloxéra à partir de 1876. Comme le font les habitants des communes alentour, les Juillacois se tournent vers le maraîchage. Les fruits et légumes primeurs profitent des conditions d’ensoleillement qui permettaient déjà la culture de la vigne.

Par ailleurs et même avant la reconversion agricole, la commune s’illustre dans la production de châtaignes. La variété la plus cultivée est une variété locale, la « bourrue de Juillac ». En parallèle, les conserveries se développent et proposent à la vente des fruits au sirop, des châtaignes et de la crème de marron.

Une partie de l’activité économique est également liée à l’élevage. Au début du XIXᵉ siècle, la commune compte au moins trois tanneries dont l’activité se concentre sur la préparation de cuirs forts et de vaches en baudrier. De plus, les jeunes veaux sont une des spécialités des foires de Juillac : ils sont notamment vendus à des éleveurs de Dordogne.

Juillac est à l’époque un bourg actif : deux marchés sont organisés par semaine et une foire par mois. En 1901 et 1902, 25 000 quintaux de « bourrue de Juillac » sont exportés. La fermeture de la ligne de tacot en 1932, alors que Pompadour et Objat sont desservis par une grande ligne train, fragilise le commerce à Juillac.

Texte : A. C.
Source : Villes et pays d’art et d’histoire, parcours Juillac.

Le tacot

Cette ligne, appelée localement « tacot », est un tramway (de l’anglais tram, rail plat, et way, voie). Elle relie Juillac à La-Rivière-de-Mansac et compte 11 stations. Elle permet la jonction à deux grandes lignes : Périgueux – Brive à la gare de La Rivière-de-Mansac et Brive – Thiviers à celle de Pont-du-Soulet.

En Corrèze, la première ligne de chemin de fer ouvre en 1860. Elle relie Périgueux à Brive. Suivent en 1875, Limoges – Brive par Saint-Yrieix, puis en 1893 Limoges – Brive par Uzerche. Il faut attendre 1909 pour voir débuter les travaux de la ligne. La-Rivière-de-Mansac – Juillac. Le premier train circule le 25 mars 1912.

Par mesure d’économie la voie est établie en accotement de route et non en site propre comme les autres lignes. Le tracé particulièrement accidenté et les nombreuses stations desservies engendrent de longs temps de trajet.

 Chaque jour, trois trains circulent dans les deux sens. Dès le départ le trafic se révèle inférieur aux attentes. Durant la Première Guerre mondiale il est réduit à un train par jour.

La proximité des deux grandes lignes de Limoges à Brive, les longs temps de trajet, l’inflation du prix du charbon au lendemain de la guerre et l’essor des véhicules motorisés expliquent le déclin puis la fermeture de cette ligne en 1932.

Texte : W. L.
Source : Villes et pays d’art et d’histoire, parcours Juillac.

REMISE EN ETAT ET PRESERVATION DU PATRIMOINE COMMUNAL


La Gourgue

Située à l’entrée de Juillac, aux Places, route du Stade, La Gourgue est un petit plan d’eau et un lieu-dit de la commune de Juillac. Ce site paisible, apprécié des habitants.

À l’origine, ce point d’eau a notamment été utilisé comme réserve pour l’arrosage du stade de rugby. Il accueille également régulièrement des concours de pêche, organisés par l’association locale La Pêche Juillacoise.

Au fil des années, La Gourgue avait cependant besoin d’un important entretien. La vase s’était accumulée dans le fond du plan d’eau et l’eau ne circulait plus correctement, entraînant une baisse progressive du niveau.

Des travaux d’entretien et de curage ont donc été réalisés afin de retirer la vase accumulée et de permettre au site de retrouver un fonctionnement normal.

Lors de ces interventions, il a également été constaté que les racines d’un arbre s’étaient introduites dans une canalisation qui s’était cassée, jusqu’à l’obstruer complètement. La remise en état de cette canalisation a permis de rétablir l’écoulement de l’eau.


L’abri-bus Austerlitz

L’ancien abri-bus « Austerlitz » témoigne d’une époque où les transports routiers occupaient la vie quotidienne des habitants.

Après la Seconde Guerre mondiale, en 1948, il aurait été décidé de construire cet abri sur la route départementale D52, reliant notamment Juillac à Clairvivre et à Brive. Cet équipement permettait aux voyageurs d’attendre leur transport à l’abri des intempéries.

Des documents consacrés aux anciennes lignes interurbaines mentionnent ainsi une liaison Brive–Clairvivre passant par Juillac, rappelant l’importance de cet itinéraire dans les déplacements locaux.

Avec les années, le temps avait cependant laissé ses traces sur cet ancien abri, notamment sur sa toiture. Afin de préserver ce petit élément du patrimoine communal, des bénévoles se sont mobilisés pour entreprendre sa restauration.


La table d’orientation

Située au Châtenet, à proximité du bourg de Juillac, en direction d’Ayen, la table d’orientation offre l’un des plus beaux points de vue de la commune.

Installée sur les hauteurs, elle permet d’admirer un vaste paysage sur l’Yssandonnais, Saint-Robert et le bassin de Brive.

Le site est également mentionné par Corrèze Tourisme parmi les points de vue et tables d’orientation incontournables du département.

Accessible facilement, ce belvédère constitue une agréable halte pour les promeneurs, les habitants et les visiteurs souhaitant prendre le temps d’observer les paysages qui entourent Juillac. Par temps dégagé, le regard porte loin sur les collines et les villages de l’Yssandonnais.

Cette table d’orientation participe ainsi à la mise en valeur du patrimoine naturel et paysager de Juillac.

Source : Tourisme Corrèze et Dordogne Tourisme.

Arbres remarquables

Dans une démarche de valorisation de son patrimoine naturel, Juillac compte plusieurs arbres présentant un caractère remarquable.

Un chêne-liège, situé allée du Château, va être recensé dans le cadre de l’Observatoire des Arbres Remarquables du Limousin, porté notamment en Corrèze par le CPIE de la Corrèze, (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement).

Cette initiative a été menée par l’association Juillac Randos, qui a souhaité contribuer à la mise en valeur et à la préservation du patrimoine naturel de la commune. L’observatoire permet d’identifier et de mieux faire connaître les arbres qui se distinguent par leur âge, leurs dimensions, leur histoire, leur rareté ou encore leur caractère singulier.

Deux tilleuls juillacois font également partie de ce recensement : l’un se trouve à l’arrière du château de Beaufort, l’autre vers la rue pré du château. Ces trois arbres sont situés sur des propriétés privées. Le chêne-liège est toutefois le plus facilement observable depuis la voie publique.

Le chêne-liège (Quercus suber) est une essence principalement associée au sud-ouest et au pourtour méditerranéen. Il se reconnaît notamment à son écorce épaisse, spongieuse et crevassée, constituée de liège.

Cette écorce peut atteindre une épaisseur importante et joue un rôle de protection, notamment contre la sécheresse et le feu.

Il est bien répertorié comme espèce présente en Corrèze, mais il y demeure peu courant, ce qui renforce l’intérêt patrimonial de cet arbre juillacois. Il constitue une véritable curiosité botanique à Juillac.

Source : Wikipédia et la CPIE de la Corrèze.

L’ancien château d’eau

Situé à Juillac, au croisement de la route de Plumoiseau et du Pré-Vieux, à proximité du départ de plusieurs sentiers de randonnée, l’ancien château d’eau est un élément discret, mais original, du patrimoine communal.

Construit à la fin du XIXᵉ siècle pour participer au stockage et à la distribution de l’eau de source, il témoigne d’une époque où les communes rurales se sont progressivement équipées de réseaux d’eau courante, améliorant considérablement le quotidien des habitants.

La particularité du château d’eau de Juillac est immédiatement visible : il est plat.

Contrairement à la plupart des châteaux d’eau, reconnaissables à leur grande cuve surélevée et à leur silhouette élancée, celui de Juillac se présente sous la forme d’un bâtiment bas, largement horizontal, surmonté d’une toiture plate.

Cette architecture originale, qui s’intègre discrètement dans son environnement, en fait un ouvrage atypique et remarquable parmi les châteaux d’eau ruraux traditionnels.

En France, le développement des réseaux d’adduction d’eau potable s’est fortement accéléré au cours du XXᵉ siècle, notamment à partir des années 1950, avec la généralisation progressive de l’eau courante dans les campagnes. Les ouvrages liés à cette histoire constituent aujourd’hui une partie du patrimoine technique, industriel et architectural de nos communes.

Au fil du temps, l’ancien château manquait d’entretien. Il a aujourd’hui retrouvé une nouvelle vie grâce à la mobilisation de bénévoles et de l’association Juillac Randos qui ont contribué à son nettoyage.

L’ancien château d’eau se trouve également sur le parcours du circuit « La Tourmente au départ de Juillac », proposé sur Visorando. Sa présence constitue ainsi un point d’intérêt pour les promeneurs.

Source : Wikipedia

Le paysage

Juillac est implanté sur une frontière géographique entre le bassin de Brive et les contreforts du Massif central. Au sud de la commune, le sous-sol est caractérisé par la présence du grès, alors qu’au nord ce sont le schiste et le quartzite qui dominent. Ces matériaux se retrouvent nettement dans la maçonnerie du bâti ancien.

Le bourg bénéficie d’une situation dominante sur le bassin de Brive. Les altitudes s’échelonnent de 150 à 400 m. Sur la route qui descend en direction du Soulet d’Ayen, la profonde perspective est limitée à l’est par les bas-plateaux limousins et à l’ouest par les buttes calcaires de l’Yssandonnais. Partout sur la commune, le paysage est vallonné, marqué par un réseau hydrographique dense drainé par le Roseix et le ruisseau de la Tournerie.

Comme dans tout le bassin de Brive, la vigne et le châtaignier sont les cultures dominantes au XIXᵉ siècle. Elles ont été ravagées par le phylloxéra pour la première et la maladie de l’encre pour la deuxième.

Les sols caillouteux et peu épais, les pentes marquées et bien orientées ont favorisé la culture de la vigne.

Au début du Vᵉ siècle, le testament d’Arédius (Saint Yrieix) mentionne des vignes sur 17 paroisses du bassin de Brive, dont Chabrignac et Juillac.

Un peu partout, des traces de cette culture subsistent encore aujourd’hui, notamment dans l’architecture. Des maisons de vigneron sont visibles dans les villages. Elles combinent la fonction de lieu de production et de logement.

Au rez-de-chaussée, le cellier, est une vaste cave polyvalente qui sert à la fabrication et au stockage du vin. On y trouve tout le matériel nécessaire à la vinification. Les murs de forte épaisseur et le sol en terre battue assurent le maintien d’une température et d’une hygrométrie constante, favorables à la conservation. D’étroits soupiraux en permettent l’aération. L’étage d’habitation s’organise autour d’une grande cuisine et d’une ou plusieurs chambres. On y accède par un escalier extérieur.

Le châtaignier, considéré par les historiens comme « l’arbre à pain » des régions défavorisées, est particulièrement important dans l’histoire de la commune. La variété « la bourrue de Juillac » est plébiscitée pour la qualité de ses fruits et la régularité de sa production.

Elle est la plus cultivée dans les cantons alentour. Le châtaignier est souvent associé à la vigne : il occupe généralement des versants moins bien exposés. Son bois, à la fois solide et imputrescible, est utilisé par les vignerons pour fabriquer des outils, des piquets, du matériel de vinification et de transport.

Texte : W. L.
Source : Villes et pays d’art et d’histoire, parcours Juillac.